Gérard Depardieu at the 2016 Berlinale Film Festival.

Milos Schmidt

Post- # Metoo France fait face à un test crucial avec le procès d’agression sexuelle de Gérard DePardieu

Le procès d’agression sexuelle de Gérard DePardieu est un moment charnière pour la France, testant sa préparation à la violence sexuelle, en particulier lorsqu’il est commis par des icônes culturelles vénérées dans l’ère post-métoo.

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Gérard DePardieu, l’acteur masculin le plus célèbre de France, affrontera non seulement deux femmes qui l’accusent d’agression sexuelle, mais aussi une nation critiquée depuis longtemps pour avoir ignoré les abus de personnalités puissantes lorsque son procès commencera lundi.

L’acteur de 76 ans est accusé d’avoir agressé une commode définie et un réalisateur adjoint lors du tournage de 2021 de Les Volets Verts («Les volets verts»). Alors que plus de 20 femmes ont publiquement accusé DePardieu de faute sexuelle, il s’agit du premier cas à être jugé.

Ce procès historique est considéré comme le cas post-métoo le plus important en France, et il soulève une question clé: le pays, réputé pour sa culture de séduction, est-il finalement prêt à tenir ses géants culturels responsables?

Les procureurs disent que DePardieu a piégé l’une des femmes avec ses jambes avant de tâtonner sa taille et ses seins devant des témoins. L’ensemble de 54 ans a décrit le comportement de l’acteur dans une interview en 2021 avec Investigative Outlet Mediatart, rappelant comment Depardieu a crié qu’il « ne pouvait même pas le relever » en raison de la chaleur, avant de dire: « Venez toucher mon grand parasol. Je vais le coller dans vos (régions inférieures). » Elle a affirmé qu’il l’a ensuite saisie avec force et a dû être retiré par des gardes du corps.

Une deuxième femme, une directrice adjointe de 34 ans, a allégué qu’elle était tâtonneuse à la fois sur le plateau et dans la rue. Comme cela est courant dans de tels cas, les identités des demandeurs ont été maintenues confidentielles pour protéger les victimes.

DePardieu a nié toutes les accusations.
DePardieu a nié toutes les accusations.

DePardieu a nié toutes les accusations. Dans une lettre ouverte publiée dans le journal Le Figaro en octobre 2023, il a fermement déclaré: «Jamais, mais jamais, je n’ai maltraité une femme. Penser que j’ai blessé quelqu’un ou que je les ai mis mal à l’aise est intolérable pour moi.» Il a ajouté: «Je n’ai jamais été coupable d’être trop aimant, trop généreux ou d’avoir un tempérament trop fort.»

L’avocat de DePardieu, Jérémie Assous, a appelé l’affaire sans fondement. Il a en outre noté que l’acteur, qui a récemment subi un quadruple contournement et souffre de diabète, assisterait à l’essai, avec des pauses prévues pour accueillir sa santé.

En France, une culture lente à affronter les abus a rendu le procès d’autant plus poignant. Alors que Hollywood est rapidement tombé à la suite de #MeToo, l’industrie cinématographique française a adopté une approche plus réticent. Certains ont rejeté le mouvement comme incompatible avec les valeurs françaises, faisant valoir qu’elle constituait une menace pour la liberté d’expression et la culture du flirt de la nation.

Beaucoup soutiennent que le fait de Roman Polanski, reconnu coupable de relations sexuelles illégales avec une mineure aux États-Unis et accusée par plusieurs autres femmes, pouvant continuer à vivre et à travailler en France avec peu de conséquences, est révélatrice de l’attitude plus large du pays. Son prix César 2020 du meilleur réalisateur a déclenché des manifestations, dont une de l’actrice Adèle Haenel, qui a fait du dégoût.

Mais le changement peut être en cours. En février, le réalisateur Christophe Ruggia a été reconnu coupable d’avoir abusé sexuellement de Haenel lorsqu’elle était enfant. Haenel, qui avait déjà quitté l’industrie cinématographique en protestation, est désormais une voix importante dans la bataille contre les abus. Judith Godrèche, une autre figure franc, a accusé les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon de l’exploiter sexuellement à l’adolescence – des allégations, les deux hommes nient.

Même face à une culture changeante, cependant, il reste une résistance. En 2018, plus de 100 femmes françaises éminentes, dont l’actrice Catherine Deneuve, ont signé une lettre ouverte dans Le Monde défendant ce qu’elles ont appelé la «liberté de déranger», faisant valoir que le flirt ne devrait pas être assimilé au harcèlement.

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