Le gaslighting, ou « détournement cognitif », est une technique manipulatrice subtile qui consiste à semer le doute chez la victime, non seulement sur ses perceptions et ses souvenirs, mais également sur sa propre raison et ses sentiments. Cette approche vise à affaiblir la confiance en soi de la personne ciblée, créant ainsi une dynamique où l’agresseur conserve le pouvoir et le contrôle, tout en évitant de prendre ses responsabilités. Bien que difficile à repérer, certains comportements et phrases typiques prononcées par les manipulateurs peuvent alerter les victimes.
Ces phrases à repérer pour identifier le gaslighting
Bien que le gaslighting se manifeste de manière insidieuse et graduelle, il existe des expressions récurrentes que les manipulateurs utilisent pour déstabiliser leur victime. Voici six phrases courantes à surveiller attentivement :
« Cela ne s’est jamais produit »
C’est une des phrases les plus classiques du gaslighting. Après un acte répréhensible, l’agresseur nie les faits ou les minimise, remettant en question les souvenirs de la victime. L’objectif est de lui faire douter de la réalité de ce qui s’est réellement passé, en suggérant qu’elle a mal interprété la situation.
« Tu es trop sensible »
Lorsqu’une victime exprime son déception ou son inconfort après un comportement blessant, l’agresseur minimise ses émotions. Cette phrase a pour but de dévaloriser les sentiments de la victime, en la faisant se sentir ridicule ou excessive. L’idée est de créer un sentiment de culpabilité en la convainquant qu’elle réagit de manière disproportionnée.
« Tu es fou/folle — et d’autres personnes le pensent aussi »
Avec cette phrase, l’agresseur cherche à déstabiliser encore plus la victime en l’isolant de son entourage. En suggérant que d’autres personnes partagent ce jugement, le manipulateur cherche à douter de la santé mentale de la victime. Cette technique permet également de diviser et d’affaiblir les relations sociales de la personne, la rendant ainsi plus vulnérable.
« Tu as mauvaise mémoire »
L’oubli occasionnel de détails est normal, mais dans le cadre du gaslighting, l’agresseur insistera sur ces oublis pour discréditer constamment la mémoire de la victime. Cette répétition a pour but de l’amener à douter de sa propre perception et de ses facultés cognitives.
« Je suis désolé que tu penses que je t’ai blessé »
Bien que cette phrase puisse sembler être une excuse, elle ne l’est pas véritablement. L’agresseur détourne la responsabilité de ses actions en accusant la victime d’avoir mal interprété la situation ou d’avoir exagéré la gravité des faits. Cela a pour effet de semer le doute dans l’esprit de la victime quant à la justesse de ses ressentis.
« Tu aurais dû savoir comment je réagirais »
Avec cette phrase, l’agresseur cherche à se décharger de toute responsabilité en blâmant la victime. Il accuse cette dernière de l’avoir provoqué ou de ne pas avoir anticipé sa réaction, ce qui justifie selon lui son comportement inapproprié.
Comment réagir face au gaslighting ?
Les experts en psychologie recommandent de ne pas répondre directement à ces provocations. Selon Johanna Rozenblum, psychologue clinicienne, il est crucial de ne pas céder à ces manipulations verbales. Dans le cadre d’une relation intime, il est conseillé de réduire au maximum les échanges et d’envisager de quitter la relation si cela est possible. Montrer des signes de faiblesse ne ferait que nourrir davantage la manipulation.
Dans un contexte professionnel, il est préférable de garder le silence autant que possible. Ne rien dévoiler sur sa vie personnelle est une stratégie pour éviter que ces informations ne soient utilisées contre soi à l’avenir.
Enfin, il est essentiel de documenter les comportements manipulatoires. Garder des traces écrites, comme des messages ou des emails, est un moyen de constituer un dossier de preuves qui pourra être utile pour se défendre ou prendre des mesures contre ce type de comportement toxique.