« C’est gratuit, c’est Nicolas qui paie » : sur X (Twitter), l’émergence d’une nouvelle droite libérale, anti-impôts et anti-taxes, émerge progressivement.
Depuis quelques jours, un mème singulier circule de plus en plus sur X (ex-Twitter), reflétant l’exaspération d’une partie des jeunes Français vis-à-vis du poids croissant des taxes et des impôts. Baptisé « Le Contrat Social » – ou encore surnommé « C’est gratuit, c’est Nicolas qui paie » –, il met en scène un trentenaire nommé Nicolas, pressuré par l’administration fiscale pour financer à la fois les retraites de « Bernard et Chantal » et les aides sociales perçues notamment par « Karim », sans oublier, selon certains internautes, le financement d’une immigration jugée « incontrôlée ».

Ce mème est rapidement devenu viral, et le hashtag #JeSuisNicolas a même fait son apparition. Plusieurs internautes de droite libérale et libertarienne l’ont partagé, soulignant l’idée que l’État français, réputé pour son niveau record d’imposition, « saigne » ses contribuables sans leur offrir de perspectives suffisantes. Un compte X portant le pseudo @NicolasQuiPaie a vu le jour, et a déjà attiré plus de 13 000 abonnés, témoignant d’un véritable phénomène.
Dans la foulée, un autre compte baptisé Parti Mileiste Français (@Partimilieiste), en référence à l’économiste et président argentin Javier Milei, a surgi avec un succès encore plus notable : déjà 40 000 followers. Cette tendance s’inscrit dans un contexte où le discours libéral–libertarien, prônant une réduction drastique des dépenses publiques, rencontre de plus en plus d’écho chez les Français lassés de voir leurs impôts grimper sans percevoir de réels bénéfices.
Un meme popularisé par Bouli (@bouliboulibouli)
L’épicentre de ce mouvement contestataire semble être un utilisateur anonyme, @bouliboulibouli, qui rassemble près de 100 000 abonnés grâce à ses posts incisifs sur le fisc français et l’inutilité supposée de nombreuses dépenses publiques. C’est cet internaute qui est à l’origine de ce « meme » caricaturant le « contrat social » de Jean-Jacques Rousseau. « Bouli », reconnu par le bonhomme de neige qu’il utilise en photo de profil, adepte des photomontages politiques incisifs, avait déjà vu plusieurs de ses anciens comptes suspendus par le passé (sous les pseudos « sidounours » ou « Michel Ney »), avant qu’Elon Musk ne rachète Twitter. D’après certains, ces suspensions illustreraient la mainmise idéologique des réseaux sociaux, jadis peu enclins à laisser s’exprimer librement les opinions jugées trop radicales contre les politiques de gauche au pouvoir en France depuis plusieurs dizaines d’années.
L’article de Franceinfo et la crainte d’une « extrême droite » fantasmée
Cette effervescence n’a pas échappé aux médias traditionnels, notamment Franceinfo, qui a publié récemment un article alarmiste sur la progression de thèses libertariennes en ligne et sur les réseaux sociaux. Selon les journalistes, qu’on peut sans doute qualifier de « gauchistes » pour reprendre les propos de plusieurs internautes, l’Élysée surveillerait de près l’influence grandissante de ces idées, parfois associées au président argentin Javier Milei, qualifié d’« extrême droite ».
Or, il est essentiel de rappeler que Milei n’est pas d’extrême droite. Son programme politique, certes radical, consiste avant tout à vouloir réduire la taille de l’État, couper dans les dépenses publiques superflues et rétablir une plus grande liberté d’expression. Il s’agit d’un courant de pensée ultralibéral, certes, mais dont les tenants affirment qu’il n’a rien d’extrême : ce serait simplement du bon sens, surtout dans un pays comme la France, premier au monde en termes de pression fiscale.
L’exaspération grandissante : retraites et immigration
Ce qui se dégage dans ce mouvement, c’est surtout une profonde exaspération liée à la répartition des ressources publiques. Les critiques visent deux postes importants :
- Les retraites, jugées trop élevées pour certaines catégories de retraités, qui « vivent mieux » que les actifs dans un pays frappé par la stagnation des salaires et l’explosion du coût de la vie.
- L’immigration, considérée comme « incontrôlée » et « coûteuse » pour la collectivité, sans retombées économiques claires, selon les comptes qui relaient le meme « C’est Nicolas qui paie ».
Ainsi, Nicolas, 30 ans, symbole du contribuable lambda, s’est érigé en figure de proue de ceux qui se sentent pressurés. Particulièrement chez les jeunes adultes, la colère s’amplifie face à un État jugé inefficace, où les dépenses se multiplient sans réformer profondément un système perçu comme à bout de souffle.
Émergence d’une nouvelle droite libérale
En filigrane, l’essor de ces comptes (tels que @bouliboulibouli ou @Partimilieiste) et la viralité de ce mème traduisent l’apparition d’une nouvelle droite libérale en France, qui s’émancipe des partis politiques traditionnels. Cette mouvance conteste la fiscalité étouffante, l’inefficacité des services publics et appelle à un grand coup de balai – sinon une « tronçonneuse » – dans la dépense publique.
Contrairement à l’étiquette « extrême droite » que tentent d’imposer certains médias, beaucoup de sympathisants de ce mouvement mettent en avant le fait qu’ils n’appellent ni à la haine ni à la violence, mais réclament un allègement significatif de la pression fiscale et de la bureaucratie. Ils dénoncent la gestion jugée calamiteuse des finances publiques : aides versées à des personnes ne contribuant pas à l’enrichissement collectif, retraite dorée de certains, subventions à des projets peu utiles ou incohérents, etc.
Un combat pour la liberté d’expression
Enfin, la bataille se mène aussi sur le terrain de la liberté d’expression. Les défenseurs du « free speech » regrettent les suspensions de compte passées et saluent l’arrivée d’Elon Musk, perçu comme plus ouvert, comme un tournant pour la liberté sur X. Pour eux, critiquer ouvertement l’État, les impôts et l’immigration en France ne devrait plus être passible de censure.
Au final, cette flambée de contestation autour du mème « C’est Nicolas qui paie » n’est pas qu’une énième mode sur les réseaux sociaux. Elle met en exergue un ras-le-bol fiscal grandissant, relayé par des comptes libertariens ou plus largement de droite libérale, parfois accusés de tous les maux. Loin d’être un simple épiphénomène, ce mouvement traduit la demande d’un renouveau politique qui, pour beaucoup, passe par une remise à plat de la fiscalité et une limitation de l’interventionnisme étatique.
En clair, si Javier Milei – en Argentine – bouscule l’échiquier politique par ses idées radicales de réduction des dépenses publiques, il est de plus en plus évident qu’une partie des Français, excédés par des impôts galopants et un État qu’ils jugent obèse, se retrouve dans ce discours. Quoi qu’en disent les médias de gauche, la dynamique libertarienne ne cesse de gagner en influence, et « Nicolas » est en passe de devenir le visage d’une nouvelle contestation antitaxes sur les réseaux sociaux français.